COP21: Trouvons des solutions pour demain.

D’ici quatre semaines, la France accueillera du 30 novembre au 11 décembre 2015, 196 Parties à la Convention Cadre des Nations Unies, soit 195 pays en plus de l’Union Européenne dans le cadre de la COP21. De quoi s’agit-il ? Quels en sont les enjeux et les risques pour notre planète ?

Voici l’objet de cet article avec un retour sur ma propre expérience de médiation scientifique.

COP21, de quoi s’agit-il ?

Si certains l’ignorent encore, la COP21 est la 21ème conférence mondiale des Parties à la Convention Cadre des Nations Unies. L’objectif de ce grand rassemblement à Paris est d’aboutir à un accord universel et contraignant afin de lutter efficacement contre le dérèglement climatique. Pour cela, il faudrait idéalement contenir la hausse des températures sous la barre des 2°C d’ici 2050. Passée ce stade, la situation deviendrait irréversible. Au-delà de ce seuil critique, la sécurité alimentaire pourrait être compromise et ce sera bien ballot pour nos générations futures.

Donc si vous ne voulez pas que vos enfants et petits-enfants crèvent de faim et vous détestent dans les années à venir, c’est maintenant qu’il faut agir. Si on ne fait rien, il faudra s’attendre alors à un réchauffement de près de 5°C, et là au-secours.

Comment ?

En commençant déjà par limiter les gaz à effet de serre, cause majeure de l’augmentation de la température moyenne terrestre. En effet, les émissions mondiales n’ont jamais été aussi élevées depuis l’ère industrielle du 19ème siècle et le recours massif des énergies fossiles telles que le pétrole et le charbon. Le pire c’est que le taux de concentration des gaz à effet de serre dit « naturels » est induit par les émissions de d’autres gaz à effet de serre provenant de nos activités humaines, le principal étant le CO2.

Le réchauffement climatique et le taux élevé de CO2 dans l’atmosphère entraînent une élévation du niveau marin. Les molécules de CO2, en se dissolvant partiellement dans les océans, tendent à les rendre de plus en plus acides. Si les océans deviennent trop acides, cela perturberait tout l’écosystème marin car de nombreux organismes y sont sensibles. De ce fait, si le taux d’émission des gaz à effet de serre continue d’augmenter, 30% de la biodiversité pourrait être perdue d’ici la fin du siècle car privée d’un environnement adapté à leur survie.

Pour demeurer en dessous du seuil critique des 2°C de réchauffement d’ici 2050, il faudrait atteindre un taux de réduction minimum de gaz à effet de serre de 40%. L’idéal serait d’aboutir d’ici à la fin du siècle, à une économie mondiale neutre en carbone : l’homme devrait alors émettre autant de carbone qu’il en absorberait.

Ainsi, dans le cadre de la COP21, il m’a été permis de participer à plusieurs opérations de médiation scientifique afin de sensibiliser les jeunes générations aux différentes problématiques liées à l’environnement et la biodiversité.

Le Train du ClimatCRR1aT1WsAAy9rV

Le Train du Climat a sillonné la France du 6 au 25 octobre 2015 pour proposer des activités ludiques et variées en plus d’une superbe exposition animée par les Messagers du Climat. Il s’agissait d’un événement national de la Fête de la Science et organisé par le comité intergouvernemental pour y voir plus clair dans la problématique du changement climatique et mieux comprendre comment agir à notre échelle.

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Atelier d’animation sur les serious game à Libourne pour le Train du Climat.

Le Train du Climat est entré dans la gare de Libourne le mercredi 14 octobre 2015 et j’ai eu la chance de le visiter! En effet, Cap Sciences m’avait missionnée sur le terrain pour animer des ateliers autour d’un serious game : Ecosysgame. Une expérience très enrichissante !

Ecosysgame

Ecosysgame est un jeu vidéo conçu par Cap Sciences pour sensibiliser le joueur aux enjeux de la biodiversité en Aquitaine. Ouvert à tous à partir de douze ans, il met en avant l’importance de la nature et de sa sauvegarde. Un concours pour les lycéens de toute la région est organisé depuis le 23 septembre jusqu’au 18 décembre 2015 avec au bout un voyage pour la classe gagnante.ecosysgame-cap-sciences-serious-game-biodiversite-jeu-serieux

Fière d’avoir participé à sa conception finale, je le recommande à tous ceux qui veulent mesurer leur impact sur l’environnement tout en jouant !😉

DEMAIN, le film.

Enfin, loin d’être une écologiste dans l’âme, c’est pourtant ce film documentaire qui m’a rendue plus soucieuse de l’avenir de la planète et qui m’a donnée envie d’écrire cet article. Avant, je me disais toujours soit que ça ne me concernait pas, que ce n’était pas mon combat, soit que je ne pouvais rien y faire. Malgré toutes les campagnes de sensibilisation mises en place, je ne me sentais pas particulièrement touchée. Mais à travers ce documentaire vu en avant-première, on peut finalement se rendre compte que « partout dans le monde, des solutions existent. » 

Thi GREF – Sur la feuille de Green Thi

Sources :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2015/10/30/cop21-les-engagements-des-etats-ne-permettront-pas-de-limiter-le-rechauffement-climatique-a-2-c_4799918_3244.html

http://www.lesinrocks.com/2015/10/31/actualite/cop21-vis-ma-vie-de-parisien-en-sueur-en-2100-11759684/

http://www.madmoizelle.com/train-climat-2015-cop21-443751

http://www.demain-lefilm.com/

Quand les sciences cognitives parlent aux plus petits

Des neurosciences aux sciences humaines en passant par la psychologie, l’intelligence artificielle et la linguistique, les sciences cognitives œuvrent pour décrire l’évolution et la structure du cerveau ainsi que de la pensée à travers des études sur les grandes fonctions mentales. Occupant de plus en plus une place fondamentale et omniprésente au sein de la vie courante, les sciences cognitives se doivent d’être comprises et accessibles à tous pour en comprendre les différents enjeux et possibilités qu’elles peuvent offrir à la société. Au-delà de la compréhension par les grands scientifiques, il semble aujourd’hui important de communiquer ce savoir de génération en génération pour ainsi toucher les plus jeunes d’entre nous : les enfants.

Cogni’Junior : mine d’or scientifique destinée aux plus petits.
Si bien évidemment, les sciences cognitives se penchent sur diverses études concernant le cerveau et ses grandes fonctions mentales, de nos jours, c’est le domaine de l’intelligence artificielle qui se trouve en pleine expansion au niveau des recherches. Qui parle d’intelligence artificielle n’échappe point aux différentes problématiques gravitant autour de la robotique. Il n’est donc pas étonnant qu’après un premier épisode de Mimi, la microglie, Cogni’Junior nous prépare un nouveau conte scientifique sur Robi, le robot !

Dans Mimi, la microglie, la cellule gliale raconte son voyage dans le cerveau afin de trouver le fameux « chef », celui qui décide de tout et qui envoie des ordres à tout le monde. A travers son histoire, la neurobiologie est mise à l’honneur mettant en scène le rôle de chacune des cellules nerveuses. Loin d’être ennuyeux, les enfants ne peuvent qu’être attendris par les différents personnages du conte qui, en plus, sont déclinés en peluches dans le but de les utiliser pour des activités pédagogiques réalisées en ateliers.

Crédits: cognijunior-img

Credits : cognijunior.org

Ateliers scientifiques

Ateliers entre arts et sciences

Une suite est d’ailleurs en cours de production en même temps que le conte de Robi, le robot dont la trame du scénario est déjà prêt et n’attend plus qu’un illustrateur ! -J’ai d’ailleurs très hâte de voir le résultat et peut-être un jour faire partie d’un projet similaire🙂 –

Grâce à Cogni’Junior, vous allez donc découvrir des histoires contées de manière ludique, dynamique avec une touche d’humour autour des sciences cognitives. Les enfants peuvent être comblés. Les illustrations sont présentes afin d’ancrer les notions scientifique de façon visuelle et efficace et les scénarios sont élaborés de manière à amener l’enfant à apprendre facilement et instinctivement à travers le format du conte.
Ces histoires sont disponibles en open access sur le site http://cognijunior.org/contes/ et peuvent donc se révéler être des supports pédagogiques très utiles pour les enseignants.

Un projet mené brillamment par des étudiants et reconnu !
Cogni’Junior constitue ainsi un projet de vulgarisation scientifique destiné en premier lieu à un jeune public. Mené par des étudiants en sciences cognitives aux quatre coins de la France, ce sont eux qui sont à l’origine des scénarios et des illustrations. Ce projet grandissant en ampleur, il arrive souvent que l’équipe de Cogni’junior réalisent des interventions dans des établissements scolaires, des hôpitaux et il n’est pas étonnant que les membres soient invités à des événements scientifiques tels que le Forum des sciences ou la semaine du cerveau. D’ailleurs ils étaient présents lors de l’édition 2015 à Lille sur le thème de maladies neurodégénératives durant laquelle ils avaient présenté l’histoire de Mimi, la microglie.

A l’intersection des sciences sous le format de contes et de l’illustration pour enfants, Cogni’Junior ne pouvait pas ne pas figurer sur la feuille de Green Thi !

Suivez aussi Cogni’Junior sur Facebook: https://www.facebook.com/cognijunior?fref=ts

Thi GREF – Sure la feuille de Green Thi

Buddy, Poppy, … Ces robots next gen’.

2015, l’année de la robotique pour en parler sous toutes ses formes et envisager notre cohabitation avec des humanoïdes.

Décidément, on en parle beaucoup de ces robots en ce moment… Petit à petit, ils s’installent dans notre vie quotidienne de telle façon à ce qu’on n’arriverait plus à se passer d’eux. Du moins, les concepteurs l’espèrent-ils peut-être.

Présenté depuis le jeudi 9 avril comme étant l’une des stars au Salon des Seniors qui se termine aujourd’hui même à Paris, Buddy s’annonce comme un compagnon idéal qui s’adapte à la population vieillissante. Considéré comme l’un des robots des plus avancés dans son domaine, le petit droïde se commande à la voix et dans un premier temps, permet d’informer son acquéreur  des dernières nouvelles puisées sur les réseaux sociaux. Pour rester « in » comme pourraient l’affirmer certains. Cependant, Buddy a été conçu spécialement pour accompagner les personnes plus ou moins âgées au sein de leur foyer car il peut également servir de rappel pour la prise des médicaments, détecter un départ de feu jusqu’à alerter un proche en cas de chute grave. Mais surtout, plus qu’une machine domestique, le petit robot Buddy « doit devenir un outil de lien social dans la famille » selon Hervé SAUZIN, commissaire du Salon des Seniors. Il a été conçu pour faire plaisir à tous : il peut faire un quiz avec un enfant, lui lire une histoire, faire un bisou si on lui touche la joue, diffuser de la musique, se lancer dans une partie de scrabble… De quoi faire partie intégrante de la famille !

Buddy, l'ange gardien de nos seniors

Buddy, l’ange gardien de nos seniors

Enfin, Buddy est équipé d’un écran tactile sur lequel sont affichées toutes ses émotions. Avec des étoiles plein les yeux et son air mignonnet, ne doutons pas qu’il va attendrir les grands comme les petits. D’ailleurs, on me chuchote à l’oreille qu’une version destinée essentiellement à l’éducation des enfants serait peut-être en cours de construction.

Si les robots peuvent s’intégrer à l’éducation traditionnelle de manière plus ludique, pourquoi donc ne pas les utiliser en médiation scientifique ? Eh bien évidemment, les scientifiques y ont pensé.

D’un côté Buddy, de l’autre, Poppy.

Revenons un peu en arrière, lors des journées du 3 et 4 avril 2015 pendant la semaine de l’industrie. Eh oui, je suis un peu en retard sur l’actualité par manque de temps mais je me rattraperai, promis.

Au cours de ces deux jours, au sein de six centres de culture scientifique et technique du consortium Inmediats, la France a assisté à la naissance simultanée de six robots portant le même nom : Poppy. Les visiteurs ont eu alors l’occasion de participer à la construction et à la programmation du petit humanoïde à travers divers ateliers ludiques. Alors que Buddy signifiait littéralement « copain » ce qui connotait explicitement son rôle auprès des plus âgés dans leur foyer, Poppy est la traduction anglaise de « coquelicot ». A quoi pourrait-il donc servir ?

Poppy, le projet scientifique communautaire pour exploiter les enjeux de la robotique

Poppy, le projet scientifique communautaire pour exploiter les enjeux de la robotique

Si aujourd’hui Poppy existe, il est le résultat d’une brillante collaboration entre le Flowers Lab de l’Inria de Bordeaux et de la grande école ENSTA de ParisTech. Ici, contrairement à Buddy, Poppy dispose d’une morphologie humanoïde haute de 84 cm avec des proportions qui lui permettent d’avoir une démarche fluide et naturelle proche de la nôtre. Chacune de ses articulations est imprimée en 3D et constitue une variable à part entière que l’on pourra toujours modifier ultérieurement.

Son originalité ? La plateforme robotique open source à laquelle il est rattaché et sur laquelle peuvent être partagés et utilisés les différents logiciels de programmation développés par les contributeurs. En somme, plus la « communauté robotique Poppy » est grande, plus les chances d’en exploiter les enjeux  et les possibilités seront multiples. Poppy est programmable à volonté pour s’adapter au mieux aux exigences de tous !

De la recherche de pointe à la robotique ludique pour une médiation scientifique efficace.

Développé comme un outil de recherche à part entière, Poppy n’empêche néanmoins pas une approche pluridisciplinaire. D’un côté, l’éducation nationale veut l’intégrer dans des établissements scolaires au cours de l’année 2015-2016 dans le but de l’associer à des programmes pédagogiques mêlant arts, sciences ou industrie en même temps.

De l’autre, en plus de l’ambition pédagogique, certains scientifiques tendent à exploiter le robot Poppy afin d’étudier par exemple, le comportement et développement chez l’enfant. C’est le cas du roboticien Pierre Yves OUDEYER de l’Inria de Bordeaux qui compte analyser de plus près le phénomène de la curiosité chez l’enfant, processus peu étudié, grâce à la robotique. En effet, en situation d’apprentissage dans un environnement donné, l’enfant agit de manière structurée et progressive. Il commence à manipuler des objets puis à s’en servir pour communiquer. Outre la mémoire et l’apprentissage, c’est le processus de la curiosité qu’on veut mettre en avant.  Les scientifiques se sont aperçus que les phénomènes de développement cognitif et social ne résultent pas uniquement du rôle principal du cerveau mais plutôt d’une interaction de ce cerveau avec un corps physique et un environnement. Ainsi, l’utilisation des robots permettrait de prendre en compte l’inscription de l’esprit dans un corps et un environnement physique. Les recherches sont encore en cours.

Au final, Poppy représente une promesse de perspectives dans plusieurs domaines tels que la psychologie, sociologie, mathématiques, sciences humaines, sciences cognitives, informatique, médecine, etc. Décidément, ces robots vont nous changer la vie … !

Perso, je ne serais pas contre pour adopter un Poppy et de le programmer pour qu’il vienne travailler à ma place !

Thi GREF – Sur la feuille de Green Thi

Sources :

http://www.leparisien.fr/societe/video-buddy-le-robot-ange-gardien-des-seniors-12-04-2015-4685759.php#xtref=https%3A%2F%2Fwww.google.fr%2F

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/9629b2e0-df9b-11e4-aa18-ff4de01147fa/Poppy_curieux_comme_un_robot

http://www.esiea.fr/poppy-le-robot-humanoide-de-linria-a-lesiea/

L’image des physiciens décryptée…en BD-Reportage !

A l’ère où le partage du savoir peut se réaliser via les progrès d’Internet et l’avancée des nouvelles technologies, l’équipe du Laboratoire de Physique des Solides de l’Université Paris Sud  avait confié en 2014, une importante mission à une jeune illustratrice : durant quatre mois, elle devait assister au quotidien de chercheurs physiciens, d’étudiants et de thésards afin de se confronter aux mystères du monde de la recherche scientifique. Comment a-t-elle vécu cette expérience ? Dans quel but a-t-elle plongé au cœur de la sphère scientifique ?

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Dans un premier temps, la finalité de cette mission était de provoquer un premier contact avec la communauté scientifique et une exploration de nombreux aspects du monde de la physique et de la recherche en général. De plus, il fallait penser avant tout à communiquer cette expérience au grand public comme un procédé de vulgarisation scientifique. Enfin, l’objectif de ces quatre mois était d’illustrer cette expérience sous forme d’une bande dessinée/reportage de neuf épisodes pour les relier et en faire l’objet d’une prochaine exposition à Paris avec le soutien de l’équipe de physiciens côtoyée pendant ces quatre mois mais aussi de l’association « Air Liquide ».

C’est ainsi que depuis le 9 mars 2015, le premier épisode d’Infiltrée chez les Physiciens a vu le jour sur le site vulgarisation.fr.

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La salle de manip’

Ce premier chapitre portant le nom «  La salle de Manip’ » nous relate l’arrivée de la jeune illustratrice dans le laboratoire des Solides de l’Université Paris Sud. Elle fait alors la rencontre de l’équipe, « La Physique autrement » et nous fait partager ses premières impressions. Avec un coup de crayon plutôt simpliste mais très efficace, elle nous décrit en détails, au rythme de deux épisodes par semaine, tout ce qu’elle voit, tout ce qu’elle entend et tout ce qu’elle comprend au milieu d’étudiants, doctorants, laborantins, etc. Tous les acteurs de la physique sont mis au devant de la scène. A ce jour, le deuxième épisode est mis en ligne sous le nom de « La Fête de la Science » qui s’est déroulée au laboratoire dans lequel elle s’est infiltrée.

La fête de la science

Malgré le fait que je sois issue d’une licence scientifique, l’univers des sciences physiques m’est tout aussi inconnu (et barbare!) que pour le grand public. Non seulement, Infiltrée chez les physiciens a piqué ma curiosité mais j’aurais également beaucoup aimé être à la place d’Héloïse CHOCHOIS pour pouvoir pénétrer dans le monde de la recherche tout en mettant en avant cette aventure en illustration.

Mais ce n’est pas l’unique raison. En effet, en faisant un petit tour sur son blog professionnel, j’ai pu constater qu’elle était issue d’un DSAA (Diplôme Suéprieur d’Arts Appliqués) spécialité Illustration scientifique dispensée à l’école Estienne (Paris), une formation originale et reconnue, alliant illustration et savoirs scientifiques des quelques étudiants reçus (entre 9 et 12 par promotion si mes souvenirs sont bons. Les chanceux !). Pour tout avouer, j’ai longtemps voulu entrer dans cette formation.

Découvrez ainsi le monde de la physique autrement à travers les héros de Héloïse CHOCHOIS ! En ce qui me concerne, je suis impatiente de voir ce que va donner l’exposition finale à l’issue de ces neuf épisodes, et je ne vais pas tarder à suivre cette talentueuse illustratrice.

Pour en savoir plus, faites donc un clic sur son Tumblr : http://heloisechochois.tumblr.com/

Et son Blogspot: http://minuit-et-demie.blogspot.fr/

Prochain chapitre d’Infiltrée chez les Physiciens dès demain. Ne le loupez pas !

Thi GREF – Sur la feuille de Green Thi

Serious game scientifique : véritable levier de renouveau en médiation jeunesse ?

Par la volonté d’associer les sciences aux nombreuses possibilités ludiques que peut offrir le jeu vidéo, les chercheurs et médiateurs scientifiques se sont appuyés sur une idée originale afin de transmettre leur savoir au maximum à un public bien particulier : les 15-25 ans. C’est ainsi qu’est née Termitia, un serious game d’action-aventure à la première personne, co-produit par le CRCA (Centre de Recherche sur la Cognition Animale), iTolosa, expert en image de synthèse et de modélisation 3D en temps réel, et le centre de culture scientifique et technique, Science Animation Midi-Pyrénées.

Après avoir été présentée au Toulouse Game Show, Termitia avait rencontré un franc succès auprès des premiers testeurs. Ainsi, depuis le 10 février 2015, le jeu est disponible en téléchargement sur Mac et PC à l’adresse suivante : http://science-animation.itch.io/termitia

A l’intersection entre pédagogie et divertissement, le serious game par sa définition de « jeu sérieux » allie intention sérieuse avec pour finalité l’apprentissage d’un savoir et ressorts ludiques du jeu vidéo tels que le gameplay. Normal que les scientifiques ont voulu tenter le coup dans le but de séduire les jeunes d’aujourd’hui !

Les chercheurs scientifiques l’ont bien compris : ils sont conscients de l’intérêt grandissant et de plus en plus précoce des jeunes vis-à-vis des jeux vidéo. Par conséquent, en concevant Termitia, leur but premier était d’inciter et d’éveiller la curiosité scientifique chez les 15-25 ans peu sensibilisés à la culture scientifique tout en les divertissant sur le support vidéo-ludique.

A la découverte d’un univers méconnu….la termitière !

Alors, certes, les termites comme sujet principal ne se prêtent pas vraiment à la séduction. Ici, les concepteurs ont croisé les recherches sur les comportements sociaux des termites avec le gameplay propre à l’univers du jeu d’action-aventure. Au-delà de la valorisation d’un patrimoine scientifique, l’intention est d’amener les jeunes à envisager la modélisation 3D proposée dans Termitia, comme objet de curiosité et d’aventures loin de ressembler aux serious game classiques.

« Dans un futur proche où la miniaturisation d’êtres humains est devenue possible, une équipe de scientifiques est envoyée au cœur d’une termitière souterraine afin de l’étudier. Mais depuis quelques jours, elle ne donne plus signe de vie. Dans la peau d’un membre de la brigade d’intervention, vous y êtes envoyé à votre tour pour découvrir ce qui leur est arrivé.

Dans un incroyable labyrinthe obscur, vous devrez comprendre et assimiler très rapidement le fonctionnement de la termitière et de ses occupants si vous voulez mener à bien votre mission… et surtout survivre. » …Telle est la mission du joueur s’il l’accepte.

Un jeu d’action-aventure bénéfique pour le cerveau ?

Une étude menée par une spécialiste du cerveau Daphnée BAVELIER, a montré qu’en dose raisonnable, les jeux de tir et d’action ont des effets assez forts et positifs sur nos comportements. D’une part, au niveau de la vision, l’équipe scientifique de la chercheuse a comparé la vue de personnes ne jouant pas aux jeux vidéo et celles qui jouent activement. Résultat : il semble que ce sont les dits « gamers » qui présentent une meilleure vision que les non gamers. La vision est considérée meilleure sur deux aspects : l’identification de petits éléments au milieu d’un désordre et la distinction de plusieurs niveaux de gris. Quand il s’agit de jeux vidéo d’action, le temps passé devant l’écran ne diminue pas la vue.

D’autre part, au niveau de la concentration, la scientifique a une nouvelle fois effectué une recherche. Elle a mesuré l’attention par un test en créant un conflit entre un mot et la couleur dans laquelle il est écrit. Il en résulte que les joueurs de jeu d’action parviennent plus rapidement à résoudre ce type de conflit ce qui prouve qu’ils ont une meilleure concentration. De plus, selon son étude, un joueur de jeux d’action peut étendre son attention jusqu’à 6 ou 7 objets alors qu’une personne lambda non joueuse ne se limite qu’à 3 ou 4 éléments.

Au niveau du cerveau, le cortex pariétal contrôle l’orientation de l’attention. Le lobe frontal est à l’origine du maintien de l’attention et enfin, le cortex cingulaire antérieur affecte la manière dont on régule notre attention et résolvons le conflit. Il semblerait que ces trois réseaux se montreraient plus efficaces chez les personnes jouant plus souvent aux jeux d’action et de tir.

Ainsi, c’est donc sous la forme d’un jeu d’action-aventure de type FPS (First Person Shooting) que Termitia a émergé sur nos écrans d’ordinateur.

Une nouvelle façon de communiquer la science auprès des jeunes ?

Au fil de l’aventure, des données à caractères purement scientifiques ont été éparpillées afin d’inciter le joueur à les comprendre et les acquérir au fur et à mesure de son avancée dans le jeu. De ce fait, le serious game force le joueur à se concentrer par exemple sur le comportement des termites, leur système de repérage, leur communication par les phéromones, les rôles des castes, les soldats hyperspécialisés, les attaques de termitières par des fourmis, le comportement hostile des termites face à un individu étranger et bien d’autres éléments encore.  Il va devoir apprendre à être ce qu’il n’est pas afin de survivre dans un monde qui n’est pas le sien en se basant sur ces données.

Il s’agit vraiment ici, d’une diffusion de contenus scientifiques à travers un jeu vidéo qui devrait plaire dans un premier temps aux mordus de biologie animale et de jeu de tir FPS.

Au croisement des sciences, du domaine vidéo-ludique et de la médiation, le concept saura-t-il séduire les 15-25 ans ?

Tester donc Termitia dès maintenant et n’hésitez pas à me donner votre avis !🙂

Petit clin d’œil à mon sujet de mémoire :

Le serious game peut-il être un outil efficace de transmission du savoir scientifique ?

Thi GREF – Sur la feuille de Green Thi

Sources :

http://culturesdessciences.u-strasbg.fr/?page_id=95

http://termitia.wordpress.com/

http://science-animation.tumblr.com/post/65611682883/retour-sur-les-premiers-mois-de-termitia-un-jeu

http://www.ted.com/talks/daphne_bavelier_your_brain_on_video_games?language=fr

http://inmediats.fr/termitia-un-serious-game-en-innovation-ouverte/

Avec le conte, tout le monde y trouve son compte !

«  La vérité est dans l’imaginaire. »

Eugène IONESCO

Il était une fois…le conte.  Ancré dans l’Histoire bien avant que l’Homme préhistorique ne soit en capacité de lire et écrire, le conte appartient à une époque où la transmission du savoir se réalisait par la parole avant qu’on ne le classe dans la littérature écrite pour les enfants.

Au fil des générations, le conte a peut-être évolué en termes de contenus mais il utilise toujours les mêmes recettes de séduction à savoir : l’imaginaire, la surprise, les mots nouveaux, la qualité des symboles, la gestion des ambiances, les sens des messages passés et enfin, la morale de l’histoire.  En effet, dans les contes, nous y retrouvons systématiquement une qualité narrative efficace associée aux caractères illustrés des valeurs qui fascinent toujours les lecteurs et qui donnent à leur imaginaire de « la matière à penser ».

Ainsi, le conte se présente comme étant un lien efficace entre les générations, entre celui qui sait lire et celui qui ne le sait peut-être pas encore, celui qui se souvient d’une histoire et celui qui ne la connaît pas encore.

Les bienfaits du conte : un moment de complicité parents/enfants

Du côté de l’enfant, quand les parents lui racontent une histoire, cela représente pour lui, un moment de partage, d’affection et de dialogue durant lequel ses « pères » lui racontent les histoires qu’il aime et celles qu’il veut découvrir. Le fait de lire une histoire à son enfant est un phénomène qui se veut rassurant pour ce dernier et constructif dans son développement personnel. En effet, c’est souvent quand vient la nuit que les parents privilégient cet instant de complicité afin de rassurer leur enfant contre les angoisses et les peurs qui peuvent s’infiltrer durant leur sommeil.

« L’histoire avant de s’endormir » peut souvent également amener à une discussion et un échange entre les parents et l’enfant ce qui contribue à un enrichissement pour les deux parties.

Quand il s’agit de la lecture d’un conte, l’enfant y retrouve des éléments qui peuvent l’aider à dépasser ses propres difficultés et à grandir à travers les héros mis au-devant de la scène. Le cheminement se montre simple : le héros est confronté à des épreuves et des obstacles qu’il devra surmonter pour un jour accéder à la fin heureuse. Moralité : affronter un problème est le seul moyen de le résoudre et de trouver le « bonheur ». L’enfant prend de plus, plaisir à regarder les illustrations au fil des pages. L’importance du graphisme lui permet de pouvoir relier les mots aux images et il se montre alors plus attentif et réceptif quant aux réflexions qui se posent à lui.

Cependant, ce qui fait la différence entre un discours rationnel tenu par les parents/enseignants à l’enfant et les contes, c’est que dans les contes, le discours est formulé de façon à être en adéquation avec l’imaginaire de l’enfant.  Par conséquent, par sa capacité à transmettre des valeurs et des réflexions en l’unissant avec le « merveilleux » et le « magique », le conte peut constituer l’un des outils de médiation scientifique les plus efficaces destiné à l’enfance et la jeunesse.

Focus sur les contes scientifiques : un enjeu sociétal dans la vulgarisation et médiation scientifique

Actuellement, nous nous situons dans une société où le transfert de savoirs scientifiques en direction d’un public diversifié est devenu un enjeu important voire essentiel. Les scientifiques se retrouvent souvent confrontés devant le choix d’une forme efficace de transfert des connaissances à des non-scientifiques.  Mais l’un des objectifs principaux est surtout d’inciter la curiosité des sciences et techniques dès le plus jeune âge chez les enfants. Une vulgarisation scientifique efficace est considérée comme une vulgarisation qui permet à l’apprenant d’apprendre et d’enrichir son savoir via un accompagnement adapté.

Et pourquoi pas le conte scientifique ?

Le conte est avant tout un objet littéraire. De base, il n’utilise pas le langage des scientifiques et se retrouve dans « l’obligation » de vulgariser dès le départ afin de transmettre le savoir scientifique de façon accessible aux plus jeunes. Ainsi, le conte scientifique, en jouant avec les métaphores et les illustrations, donne au lecteur, de la matière à penser le monde et donc à se l’approprier. Le fil conducteur du récit facilite la mémorisation de l’enfant. L’intrigue, le défi, les situations dans lesquelles peuvent se retrouver les héros et dont ils doivent en sortir vainqueurs, favorisent la compréhension du message scientifique véhiculé.

Il faut savoir qu’il existe différentes formes de contes scientifiques mais ceux qui ressortent le plus et qui ont, à mon avis le plus de succès auprès d’un jeune public sont ceux qui suivent le modèle traditionnel. En effet, l’humanisation des objets, des concepts, des animaux jusqu’aux entités virtuelles et non organiques, a pour avantage de réduire la distance de la compréhension entre le lecteur et le thème scientifique.

La difficulté première est de réussir à retranscrire toute la complexité scientifique selon les domaines exploités en un conte simple, fluide, attrayant incitant et éveillant réflexion, imagination et curiosité chez les enfants. Si l’on parvient à dépasser cette difficulté, le conte peut représenter un outil de médiation scientifique des plus efficaces et ludiques.

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Cet article est le résultat d’une petite réflexion sur laquelle je me suis penchée après l’illustration du conte Camille l’Anguille. Qui sait si un jour, il me prend l’envie d’écrire, de raconter et d’illustrer moi-même un conte scientifique ?

Thi GREF – Sur la feuille de GreenThi

Sources :

http://www.atlantico.fr/decryptage/cet-immense-service-qu-on-rend-enfants-en-lisant-histoire-avant-qu-endorment-alain-sotto-1959139.html/page/0/1

http://www.apple-paille.com/contepourenfants/pourquoiraconterauxenfants.htm

http://www.atomes-crochus.org/concours/defidefou/contes.php

http://www.annales.org/ri/2007/ri-mai-2007/pellaud.pdf

Quand illustrer, c’est aussi communiquer.

Comme cité dans les articles précédents, la vidéo animée introduisant la conférence « Passage au collège, enfant jusqu’à quand ? » le 5 février dernier a vu le jour projetée sur le grand écran au Dôme de Talence. A première vue, le film introductif a eu un grand succès auprès des 150 personnes présentes ce soir-là. Parmi ce public, se trouvaient certains étudiants de l’Université Bordeaux Montaigne et quelques représentants de la mairie de Talence.

Suite à cet événement, une grande réflexion est venue à mon esprit : et si je me replongeais sérieusement dans l’illustration jeunesse ?

Clever

Un peu d’actualité

Dans un premier temps, gardons les pieds sur terre :

Avant de parler de l’illustration jeunesse, plaçons d’abord un focus sur un problème récent. Force est malheureusement de constater que le secteur du neuvième art, la bande dessinée, est au plus mal actuellement. En effet, j’entends chuchoter à mes oreilles le mécontentement de nombreux artistes notamment lors de la 42ème édition du festival d’Angoulême durant laquelle s’est effectuée une marche des auteurs. Une marche qui a réuni près de 600 artistes bédéistes le samedi 31 Janvier 2015 dans le but d’exprimer leur bulle de colère : « Sans auteurs, pas de bandes dessinées ».

A l’heure où les Français ont récemment manifesté leur attachement au dessin comme une liberté d’expression à préserver, ce qui arrive aux auteurs m’affecte énormément. Je ne suis pas une artiste officielle mais je me sens tout de même concernée par la précarisation grandissante qui plane au-dessus des auteurs/dessinateurs/illustrateurs/coloristes/éditeurs.

Rappelons l’objet de leur colère :

Le 1er Janvier 2016, est prévue d’entrer en vigueur l’augmentation du régime de retraite complémentaire. Les cotisations s’élèveront à 8% du salaire obtenu. Alors que jusqu’à présent, les auteurs avaient le choix d’estimer eux-mêmes le montant consacré à leur retraite complémentaire (pour ne payer que quelques centaines d’euros par an), avec ce nouveau pourcentage, c’est l’équivalent d’un mois de salaire qui leur sera amputé à leurs revenus précaires. Déjà que les auteurs de bandes dessinées subissent au fil des années, la diminution de leurs avances et de leurs droits de façon considérable, ils voient en cette nouvelle réforme comme le coup de grâce, incitant certains illustrateurs à déposer leur clé sous la planche.

«Il y a un paradoxe absolu dans la situation actuelle, explique Fabien VEHLMANN, scénariste. Alors même que l’on voit fleurir partout les preuves d’un puissant attachement au dessin, à la liberté d’expression et à la culture, notre profession se porte mal […] »

Le roman graphique pour la jeunesse et le grand public a-t-il encore un avenir en France ?

Marche des auteurs à Angoulême

Marche des auteurs à Angoulême

Vous l’avez sans doute compris :

Le secteur de la BD tout comme celui de l’illustration en général n’est sûrement pas un métier d’avenir qui garantira fortune et stabilité d’emploi. Les rémunérations des illustrateurs dépassent trop peu souvent le SMIC pour la quantité de travail investi dans chacun des projets.

Etre illustrateur, c’est avant tout une passion. Mais si je vous écris aujourd’hui, c’est parce qu’illustrer, c’est aussi communiquer. Ne tuons pas la communication.

Thi GREF – Sur la feuille de Green Thi

Sources : http://www.humanite.fr/les-createurs-de-bande-dessinee-sont-en-colere-564324 http://www.lefigaro.fr/bd/2015/02/06/03014-20150206ARTFIG00274-ces-menaces-qui-pesent-sur-la-bande-dessinee.php http://www.lavoixdunord.fr/region/en-parallele-a-angouleme-les-auteurs-de-bd-lillois-se-ia19b0n2642268 http://www.bodoi.info/angouleme-2015-la-marche-des-auteurs/